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Tenue Templier XIIème siècle

L’hiver dernier comme je me faisais un peu chier, j’ai décidé de me faire une tenue de Templier.
Pas par conviction religieuse mais juste comme ça parce qu’ils avaient quand même de la gueule les mecs à l’époque.

Donc pour l’occasion, j’ai passé environ 4 mois à potasser le sujet. J’en ai bouffé du médiéval du matin au soir, sur le web, sur YouTube, etc. Du coup j’ai appris énormément de choses sur la période qui m’intéressait, à savoir entre le 11ème et le 14ème siècle. Après ça me fait chier, les mecs ont des armures en ferraille et ça devenait franchement cher pour se faire une tenue complète.

La tenue est composée d’une paire de braies, sorte de pantalon dans lequel on pourrait mettre une couche sans que ça ne se voit. Une chemise basique sans col comme ils avaient à l’époque et une paire de pompes médiévale du plus bel effet.

Par-dessus, vous avez un gambison en coton type XIIème siècle.

Un gambison c’est quoi ?

Le gambison c’est la protection de base des soldats de l’époque, une sorte d’armure composé de lin et de molleton qui est censé amortir les coups. Sans gambison, pas la peine d’espérer porter une cotte de mailles car au moindre coup d’épée, vous avez non seulement l’épée qui va vous déchirer la partie touchée mais la cotte de mailles va rentrer avec. En prime ça améliore considérablement le confort avec la cotte qui pèse un certain poids mais ça on va y revenir.

Sur la tête, vous avez une cale qui est fabriqué sur le même principe que le gambison. Elle sert à la même chose mais pour la tête et sert d’amortisseur entre votre crâne, votre coiffe en cotte de mailles et votre casque.

Ensemble gambison et cale tout frais de chez le marchand

Ensuite vous avez une cotte de maille dans sa version longue qu’on appelle un haubert. Sur le même principe que le gambison, c’est une robe qui s’enfile par la tête mais fabriqué à partir de milliers d’anneaux en acier.

Alors pour choisir sa cotte de mailles vous avez pas mal de choix. Le premier, c’est du cheap fait à partir d’anneaux ouverts qui sont simplement serrés à la pince. C’est pas historique du tout et ça s’arrache dans les branches et les poignées de porte, etc.

L’autre style que j’ai choisi, c’est un modèle qui alterne des anneaux rivetés et des anneaux pleins. C’est nettement plus résistant, ça ressemble pas mal à ce qui se faisait à l’époque, bref c’est top mais c’est plus cher.

Haubert et camail (aventail)

Pour protéger la tête, on a un camail, une coiffe également composée d’anneaux en acier complétée par un ventail. Une protection en cuir recouverte d’anneaux qui vient se placer sur le visage pour pas se faire défoncer la bouche à la moindre occasion. Alors pour la petite histoire, à l’origine, le camail est intégré au haubert mais j’avais craqué sur la tenue de la série Knightfall qui a fait pas mal de transgressions sur l’aspect historique mais je ne vais pas m’étaler dessus, c’est pas le sujet.

Knightfall, la série pas franchement historique…

Donc je suis parti sur un haubert et un camail séparé et j’ai bien fait parce que c’est déjà super chiant à enfiler comme ça, je n’ose pas imaginer si ça avait été d’un seul morceau. Pour en finir avec la tête alouette, j’ai un casque de type normand à nasal de forme conique en acier. Le heaume qui recouvre totalement la tête ayant quant à lui commencé à apparaitre un peu plus tard plaisait moyennement.

Camail et ventail revouvrant le vivave…

L’ensemble haubert + camail pèse environ 14 kilos, c’est pas rien. Pour supporter des trucs aussi lourds, les mecs ne devenaient pas chevaliers du jour au lendemain en allant acheter leur tenue à Décathlon. On commençait dès l’enfance en étant d’abord au service d’un chevalier puis avec les années, prenait du grade et du bide éventuellement.

Par dessus tout ce bordel, on termine avec un tabar ou surcot parce que ça se porte sur la cotte, non sérieux ça ne s’invente pas. Ne pas confondre avec tarba qui est le verlan de bâtard ni babar qui est un éléphant.

Le tabar permettait principalement aux mecs de savoir dans quel camp vous étiez puisque les couleurs de votre équipe ou son logo étaient cousu dessus. Un peu comme un maillot de foot en gros. Il servait aussi à couvrir la cotte de mailles en partie pour éviter de cuire sous le soleil exactement, Pas à côté, pas n’importe où…

On pouvait bien sûr dormir avec son tabar, on l’appelait alors le tabar-lit. Il parait même qu’on en a vu traverser les océans avec mais ça c’est une autre histoire.

Donc mon tabar arbore la croix des templiers qui en fait, n’est pas réellement celle qu’on voyait à l’époque mais plutôt une libre adaptation qu’on retrouve dans les films. La vraie croix était beaucoup plus petite pour ne pas servir de cible aux archers sur le champ de bataille et cousu sur le côté gauche de la poitrine mais on s’en branle un peu. La mienne est telle qu’elle est représenté dans Knightfall et dans le film Kingdom of Heaven de Ridley Scott où d’ailleurs les templiers sont des gros enfoirés et ça n’est pas pour me déplaire. Pour couvrir le tout, j’ai un manteau de templier qui est en gros une cape assortie d’une grande capuche permettant d’avoir l’air trop chanmé dans les ruelles mal éclairées.

Pour terminer la tenue, je l’ai agrémenté d’une épée de type XIIe à une main de fabrication artisanale forgée à la pogne assortie d’un fourreau en cuir fabriqué sur mesure pour l’occasion. Attention toutefois, les fourreaux en cuir sont à éviter pour le stockage des épées car le cuir à tendance à déposer sur la lame tout un tas de saloperies. On préfèrera un fourreau en bois de tilleul fabriqué sur mesure dont l’intérieur est tapissé de lin et la surface recouverte de cuir comme on les faisait à l’époque. Par contre, ça coûte un bras. J’aurais l’occasion de vous en reparler puisque j’ai une autre épée assortie d’un fourreau de ce type en commande chez 2 artisans français de renom.

Vient ensuite un bouclier en bois que j’ai décoré non pas avec une croix rouge comme si j’étais une ambulance mais avec ce qui semble de l’avis de tous les experts être plus historiquement correct, je veux parler du baussant qui était l’étendard des templiers et aujourd’hui celui des scouts d’Europe. Il s’agit alors d’une simple bande noire qui vient recouvrir un tiers du bouclier. Lorsque la nuit tombait, on l’appelait le baussant de bonsoir…

Pour conclure, j’ai bien évidement conscience que cette tenue n’est pas totalement historique mais ne pratiquant pas la reconstitution, j’arrive encore à dormir la nuit tout en sachant que j’ai commis quelques entorses au règlement.

Merci de m’avoir lu jusque-là et si bien sûr le sujet vous intéresse ou que vous avez des questions, vous pouvez me laisser un commentaire.

La classe à Jerusalem

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